6e dimanche de Pâques (année A) : méditation proposée par l’abbé Guy Marzin Enregistrer au format PDF

Mardi 19 mai 2020
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Pour le 6e dimanche de Pâques, l’abbé Guy Marzin nous livre une méditation sur le sens chrétien de l’amour. Évangile à lire : Jean 14, 15-21

vitrail red

Dans le texte d’évangile de ce dimanche 17 mai on trouve 5 fois le verbe AIMER ! S’il fallait résumer par un mot le message de l’Évangile, ce serai bien le verbe AIMER qu’on garderait. Jésus nous dit : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. » De quels commandements parle Jésus ? La réponse est dans l’Évangile : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » et Jésus ajoute même : « Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Matthieu 22 et Marc 12). Pour Jésus donc l’amour de Dieu est inséparable de l’amour du prochain. Notre vie de chrétien doit donc être une vie tournée vers Dieu et une vie tournée vers les autres. Une vie de prière, de célébration, et une vie d’attention aux autres, aux plus pauvres en particulier. Il s’agit pour nous de conjuguer « intériorité et engagement », « lutte et contemplation ». Avouons qu’il n’est pas toujours facile de tenir parfaitement les deux ensembles. Je vous propose de méditer sur le verbe AIMER !

Première idée : trois mots grecs pour désigner l’amour

Vous savez sans doute qu’il y a trois sens pour définir l’amour. A partir de la racine grecque du mot ! Il y a l’amour eros, l’amour philia, et l’amour agapè. Je traduis ces expressions en disant :

« eros » désigne l’amour de désir, de passion…

« philia » désigne l’amour d’amitié, d’attention…

« agapè » désigne l’amour charité, don de soi…

La Bible utilise peu le premier sens « eros », mais par contre l’amour « philia » et « agapè » sont abondamment utilisés, en particulier dans le Nouveau Testament. Le défi pour le chrétien, et pour tout homme, est de parvenir à une certaine unité entre les trois définitions. Nous sommes tous invités à aimer de désir, de passion ; à aimer d’amitié et d’attention ; et à aimer dans le don de soi et la charité. Vous le savez comme moi, qu’il arrive que des personnes ne se laissent guider que par l’amour de désir, l’eros ! C’est une limite, une impasse même. Que devient une personne qui se laisse guider uniquement par ses passions, ses désirs et ses pulsions … ? Nous sommes tous appelés à unifier notre vie. Nous devenons pleinement nous mêmes quand nous parvenons à unifier l’amour eros, philia et agapè.

Deuxième idée : l’amour selon le message de Jésus

Dans les textes du Nouveau Testament on nous parle souvent de l’amour agapè. C’est-à-dire de l’amour charité, don de soi. St Paul nous a donné un texte magnifique à ce sujet dans sa première lettre aux Corinthiens : « S’il me manque l’amour (La charité !) je ne suis rien.. L’amour prend patience, l’amour rend service, l’amour ne jalouse pas.. L’amour ne passera jamais. » (1 Co 13, 1ss) On voit bien que l’amour agapè, la charité, veut le bien des autres. Si nous regardons autour de nous, nous voyons des personnes qui cherchent à vivre la charité dans leur vie. Des personnes qui donnent du temps pour les autres ; des personnes qui partagent leur savoir, leur bien ; des personnes passionnées de justice et de vérité… Des personnes qui donnent gratuitement quelque chose. _ Durant ce temps de confinement, depuis le 17 mars, nous avons vu de nombreuses personnes donner de leur temps et de leur compétence pour aider les autres, pour soigner les autres… Ces personnes font notre admiration ; sachons les remercier et en rendre grâce à Dieu.

Il y a un témoin de la charité, qui était prêtre Jésuite en Inde, décédé en mai 2012, le Père Pierre Ceyrac, qui a dit un jour ces paroles fortes : « Tout ce qui n’est pas donné est perdu… Toutes les richesses de la terre que nous gardons égoïstement pour nous, toute l’intelligence que nous ne mettons pas au service des autres, tout l’amour que nous ne partageons pas, sont des richesses perdues !  » Ces paroles sont à méditer longuement en cette période difficile pour tous !

Dans l’évangile de ce dimanche Jésus nous dit également qu’il nous donnera « l’Esprit de vérité » pour aimer comme lui. L’Esprit de vérité, c’est bien ce qui nous avons tous besoin. Être dans le vrai dans notre relation avec Dieu et avec les autres, ne pas jouer un personnage ! Être dans la recherche de la vérité de l’amour. Aimer vraiment. C’est un beau programme pour toute la vie ! Prenons le temps de méditer avec ce texte d’un prêtre Canadien, le Père Georges Madoré :

Abbé Guy Marzin.

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Anges et cœur brûlant (abbaye de Mondaye)

Apprends-nous à aimer comme toi

Seigneur Jésus, tu as voulu nous aimer jusqu’à l’extrême.

Pour nous, tu as donné ton temps, tes énergies, toute ta vie.

Merci, Seigneur, de nous aimer à ce point.

Merci de nous inviter à prolonger ta présence en prolongeant ton amour.

Il nous est parfois difficile d’aimer,

Seigneur, apprends-nous à aimer comme toi.

Quand nous sommes portés à nous diviser et à nous opposer,

Seigneur, apprends-nous à aimer comme toi.

Quand nous sommes portés à déterrer le passé au lieu de pardonner,

Seigneur, apprends-nous à aimer comme toi.

Quand nous sommes tentés de nous laisser vaincre par la malice des autres,

Seigneur, apprends-nous à aimer comme toi.

Pour que le monde croie que tu es toujours vivant,

Seigneur, apprends-nous à aimer comme toi.

Pour que l’humanité soit sauvée de la violence, de la guerre et du désespoir,

Seigneur, apprends-nous à aimer comme toi.

Pour que nous soyons vraiment tes disciples.

Seigneur, apprends-nous à aimer comme toi.*

Père Georges Madoré