Editorial : Février 2018 Enregistrer au format PDF

Vendredi 2 février 2018 — Dernier ajout jeudi 5 avril 2018
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MONTRE-MOI TON VISAGE

Ce mois de février nous donne de vivre plusieurs évènements et les textes d’Evangile nous parlent de visages. Le 2 février, fête de la Présentation de Jésus au Temple, Syméon, dans sa prière prononce ces paroles : « Mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples ». Le 11 février, dimanche de la santé, Jésus guérit un lépreux qui le suppliait : « Si tu le veux, tu peux me purifier », et Jésus le rétablit dans sa dignité d’homme en faisant disparaître le mal qui le rongeait. Le thème de ce dimanche est d’ailleurs : « Montre-moi ton visage » Le 14 février, mercredi des cendres, Jésus dit à ses disciples de ne pas prendre un air abattu quand ils jeûnent mais de se parfumer la tête et de se laver le visage. Le 25 février, deuxième dimanche de Carême, Jésus est transfiguré sur la montagne en présence de Pierre, Jacques et Jean. Cette transfiguration le révèle comme Fils de Dieu comme le confirme la voix qui se fait entendre : «  Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; écoutez-le ».

C’est par le visage que nous entrons habituellement en relation avec les autres. Il est notre identité. Même s’il existe parfois des ressemblances avec d’autres personnes, parents, frères, sœurs, il est ce qui nous appartient en propre, ce qui nous distingue des autres. Il est aussi bien souvent le reflet de ce que nous vivons intérieurement. La joie, le bonheur, se lit au premier coup d’œil sur un visage, tout comme la peur, le désespoir ou la souffrance en marquent les traits. C’est donc en partie par le visage que nous disons qui nous sommes et ce que nous vivons à un instant donné. Rien d’étonnant dès lors que nous lui accordions des soins importants pour paraître au mieux dans nos rencontres avec les autres.

Dieu lui-même s’est donné un visage. Après bien des générations qui ont cherché à connaître ses traits, il s’est donné à voir par son Fils Jésus venu revêtir notre humanité. Ce fut d’abord le visage confiant d’un enfant qui s’en remet à Marie et Joseph. Puis lors de sa vie publique, celui d’un homme attentif aux autres et en particulier aux plus fragiles : les malades, les estropiés, les exclus. Son visage était alors celui de la bonté et de l’amour de son Père pour tous les hommes. Mais il lui est aussi arrivé de montrer un visage de colère quand l’injustice et l’iniquité frappaient ses contemporains. Enfin il a été défiguré par la souffrance sur la croix au moment de donner sa vie, avant de paraître à nouveau ressuscité dans la gloire. En se faisant l’un de nous, Dieu, par son Fils Jésus, nous montre son visage à travers ceux que nous rencontrons. Les expressions diverses des personnes que nous croisons sont le signe de cette vie tantôt belle et confiante, tantôt difficile et angoissante. Puisse notre regard y reconnaître la proximité bienveillante de Celui qui se fait présent dans toutes les circonstances de nos vies.

Maurice Échevest, diacre permanent.