Editorial de Novembre : Que demeure l’esprit missionnaire ! Enregistrer au format PDF

Samedi 9 novembre 2019
0 vote

Quand ces lignes paraîtront, nous serons à l’orée des mois noirs (en breton ar mizioù du). Les jours seront courts, plus frais et moins clairs. Nos paroisses, du moins on peut l’espérer, seront encore dans l’élan de la Semaine Missionnaire qui, du 13 au 20 octobre, aura donné à chaque fidèle l’occasion d’approfondir son rapport à la foi chrétienne, à la cohérence de vie impliquée par l’Évangile, aux exigences de la charité. La conversion est d’abord un appel pour soi-même !

Cet esprit missionnaire doit demeurer au cœur de notre quotidien. En effet, si la foi cesse de militer, elle n’est plus que l’agonie paresseuse du défaitiste ou de l’indifférent. Si je ne l’entretiens pas, elle meurt à petit feu. On l’aura compris : la mission ne s’arrête pas au mois d’octobre. Elle se concrétise au long de l’année dans les activités de la catéchèse, de la pastorale des jeunes, dans les travaux du Secours Catholique, du CCFD-Terre Solidaire, de l’association Saint-Vincent-de-Paul etc., dans les groupes de partage de la Parole, dans la fréquentation de la messe et des sacrements, et bien sûr dans nos rapports aux autres. Dieu confie sa Parole à nos faibles voix, à nos êtres fragiles et inconstants. Sa Parole, nous dit l’évangéliste Jean, son Verbe fait chair, c’est Jésus le Christ, Celui-là même qui s’est identifié aux plus pauvres, aux plus petits. « Heureux les cœurs purs… »

Les pauvres, les petits, seront justement à l’honneur en ce jour de la Toussaint, où l’on entendra l’évangile des Béatitudes (Matthieu 5, 1-12a). Heureux les sans-grade, les affligés, les doux, les miséricordieux, les artisans de paix, les persécutés pour la justice… Comme ils se ressemblent tous ! Et puis il y a aussi « les cœurs purs », ceux qui « verront Dieu » ! Cette pureté du cœur, c’est l’aspiration à la sainteté, en dépit de nos limites, de nos erreurs, de nos péchés… Les cœurs purs sont innocents, au sens où ils ne cherchent pas à nuire. Ils sont droits, ne pratiquent pas la duplicité. Ils ne cultivent pas la rancune, ils ne jugent pas les autres. Ils ne spéculent ni ne ricanent. Leur oui est oui, leur non est non. Ils sont à l’image de Dieu : « Le Seigneur est droit ; pas de ruse en Dieu mon rocher. » (Psaume 91).

Marie au cœur pur Seul Jésus a vécu parfaitement les Béatitudes : celles-ci définissent véritablement son portrait. Cependant, Jésus ressemble à sa Mère : Marie, la femme du oui absolu à Dieu, est un cœur pur. Pas de place en elle pour le calcul ou la rancœur. Elle est là « de la crèche au crucifiement », dit le cantique. Faisons comme l’apôtre Jean au pied de la Croix : prenons Marie chez nous, et demandons-lui de nous aider à purifier nos intentions, nos pensées ! Alors Dieu ne sera plus pour nous un instrument que nous chercherons à manipuler, mais un Père aimant, devant qui nous pourrons nous tenir en silence, attendant tout de Lui. Bienveillance

Bienveillance Le père Gaël Droumaguet, au cours de la Semaine Missionnaire, nous a enseigné « l’écoute bienveillante ». Plus que jamais, en quête d’espérance, notre monde a besoin d’écoute et de bienveillance. Méditer les Béatitudes, c’est se mettre à l’écoute de Jésus, afin de cultiver la bienveillance que nos frères, nos sœurs espèrent de nous. Alors, les mois noirs (miz Du, miz Kerzu) seront traversés par la lumière de l’Évangile et les âmes seront réchauffées.

Jef Philippe, diacre.