Editorial de février 2020 « Ta nuit sera lumière » Enregistrer au format PDF

Ta nuit sera lumière
Lundi 10 février 2020
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Nous sommes au cœur de l’hiver et déjà nous pouvons percevoir que les jours allongent et que la lumière va revenir éclairer plus durablement nos journées. À la fin de ce mois, nous verrons dans les bourgeons déjà gonflés, la promesse d’une vie encore en sommeil qui ne demande qu’à éclater. Ainsi en est-il des saisons années après années.

Dès le début de ce mois de février, nous célébrons la Présentation de Jésus au Temple et par la prophétie de Siméon, nous percevons que Jésus est la lumière qui vient de se lever sur le monde. Il est la promesse que tout le peuple attendait. Ce n’est pas pour rien que cette fête est appelée fête des chandelles ou chandeleur. Le Salut vient dans le monde ; il est annoncé par la fragilité d’un petit enfant dans les bras de sa mère, comme est fragile la flamme de nos chandelles.

Le 9 février, nous célèbrerons le dimanche de la santé en référence à la journée mondiale de prière pour les malades, le 11 février. Le thème de cette journée : « Ta nuit sera lumière ». Lorsque notre santé est fragilisée par la maladie, l’âge ou le handicap, il peut nous apparaître que la nuit envahit notre vie, que nous descendons dans les ténèbres. C’est dans ces moments- là, que toute lueur nous semble salutaire. Nous avons tous peur des ténèbres car elles nous isolent de la réalité qui nous entoure. Dès lors, nous perdons vite nos repères et parfois aussi nos moyens. Tout comme les ténèbres, la maladie nous isole de la vie ordinaire, elle nous rappelle notre finitude et l’angoisse peut nous envahir.

Dans ces moments particuliers ou dans cette période de notre vie, toute clarté est la bienvenue. La moindre lueur nous fait sentir que nous ne sommes pas seuls. Ces lueurs sont des visites, des conversations, des gestes posés, du temps donné pour éclairer nos nuits. A chaque fois, c’est le Seigneur qui vient nous visiter, nous dire que nous sommes toujours vivants et que nous avons du prix à ses yeux. Mais comment nos nuits peuvent-elles devenir lumière ? Je me rappelle alors cette parole de saint Paul : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12, 10).

Ce sont bien nos faiblesses qui nous plongent dans l’obscurité comme ces nuits où nous ne trouvons pas le sommeil. Si comme saint Paul nous nous tournons vers le Seigneur pour lui confier nos souffrances, nos angoisses… peut-être entendrons nous sa réponse, celle qu’il fit à Paul : « Ma grâce te suffit ; ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Co 12, 9). La lueur de l’espérance peut alors surgir et venir apaiser notre cœur, peut-être aussi un peu nos souffrances.

Regardons autour de nous et portons notre regard sur ces personnes immobilisées chez elles ou dans un établissement pour personnes âgées. Demandons-nous si nous ne pouvons être, modestement, lueur dans leur quotidien. Peut-être, serons-nous surpris qu’elles aussi, par leur foi, leur courage, peuvent éclairer telle ou telle part de nous-mêmes, maintenue, inconsciemment ou non, dans une certaine obscurité.

Maurice Échevest, diacre