Le 11 novembre 2017 en l’église de Saint Clet Enregistrer au format PDF

Samedi 11 novembre 2017 — Dernier ajout mardi 22 mai 2018
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Homélie du samedi 11 novembre 2017. Eglise de Saint Clet, à 10h. Armistice de 1918

Evangile : Matthieu 25, 31-40

La célébration de cette messe du 11 novembre, dans cette église de St Clet, est inséparable de deux convictions.

1) La première, c’est que nous participons tous ce matin à une histoire commune, celle de notre pays, de notre nation, de notre patrie ; une histoire jalonnée par des guerres, des évènements dramatiques. Nous pensons bien sûrs ce matin à la première guerre mondiale de 14 – 18. Mais quelques décennies plus tard, le même drame s’est reproduit, avec son cortège de morts, de déportations, de violence… Nous devons aussi ajouter ce qui s’est passé ensuite en Russie soviétique avec un massacre aussi comparable que les deux autres conflits. J’évoque ces tragédies, parce que nous ne pouvons pas oublier ce qu’à été l’histoire du 20e siècle ; les souffrances et l’horreur qu’ont connu nos familles d’hier. Durant ces années noires, il y a eu des vies sacrifiées pour notre liberté. Des soldats « Morts pour la France. » Il y a eu aussi, ne l’oublions jamais, des hommes et des femmes qui se sont levés pour dire non à la haine de l’autre, à la barbarie, pour stopper l’horreur, pour mettre fin à la guerre et rebâtir l’Europe. C’est notre histoire, faite d’ombre et de lumière, de méchanceté et de charité, de lâcheté et de courage. Nous devons regarder notre histoire, étudier notre histoire, et savoir en tirer un message pour aujourd’hui et pour demain. Se souvenir, refuser d’oublier, éviter la banalisation et la négation de l’histoire, lutter contre l’érosion du temps, en travaillant à ce que d’autres continuent à se souvenir, c’est donner à tous une chance supplémentaire que cela ne se reproduise plus à l’avenir.

2) Mais il y a une deuxième conviction à retenir. Ce qui fait la force de notre pays, la force de notre histoire aujourd’hui, c’est la force de solidarité qui existe entre les citoyens, croyants et non croyants, croyants d’autres religions. Nous avons connu durant les années passées, des moments difficiles, des attentats terroristes.. Si les forces du mal ont semblé dominer par moment, il y a eu des moments d’unité, de solidarité, des gestes de fraternité… C’est ce que Jésus nous invite à vivre dans le texte d’Evangile que je viens de lire. Il nous invite à être attentif à celui qui a faim, soif, celui qui est étranger, celui qui est nu, malade, en prison.., et Jésus de conclure : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ses petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matt 25, 40) Pour Jésus donc, celui qui se fait proche des toutes personnes dans le besoin fait l’œuvre de Dieu, il construit un monde nouveau, une terre nouvelle. La force ici n’est pas dans les armes, mais dans les gestes de proximité, de solidarité, de fraternité. Cette force là est à développer pour aujourd’hui et pour demain. Le pasteur Martin Luther King (1929 – 1968) a dit un jour : « le fort est celui qui rompt la chaîne du mal, la chaîne de la haine ». A l’heure ou règne l’individualisme et ou chacun est soucieux de s’affirmer dans son indépendance, il est très important, pour qu’existe une société plus juste, que cette exigence de solidarité et de fraternité, apparaisse plus importante que les revendications des droits individuels. Les paroles de Jésus dans l’évangile que je viens de lire viennent réveiller en nous ce qu’il y a de meilleurs : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli.. » L’Evangile de Jésus ne vient pas réveiller en nous le désire de faire la guerre, ou de nous enfermer dans des rapports de forces, mais il vient réveiller en nous ce qu’il y a de beau et de bon, la joie de savoir que nous sommes liés les uns aux autres, que nous sommes invités à aimer en paroles et en actes.

Puisse cette célébration du 11 novembre 2017 nous engager à servir ce qui délivre, relève, grandit la vie de tous, la vie de notre pays, de l’Europe, la vie du monde. Amen.

Homélie de L’Abbé Guy Marzin. Photos Joseph Gaubert Vous cliquez sur les photos pour les agrandir.

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